Le Grand débat national a débuté depuis un mois et mobilise bon nombre de nos concitoyens. Plus de 6 000 réunions passées ou à venir sont recensées sur le site dédié au grand débat. Quelques 700 000 contributions y ont été postées. Au Pays Basque, on compte à ce jour 25 réunions organisées à l’initiative de collectivité, d’élus, de collectifs ou de citoyens.

Ce débat a une première vertu, celle de l’apaisement dans un contexte de tension sociale très élevée. Il permet à ceux qui le souhaitent de s’exprimer, de confronter leur point de vue dans un cadre républicain où chaque organisateur a pour mission de garantir le respect des opinions de chacun.

Mais l’enjeu est aussi de taille. Il s’agit de définir à partir de ces contributions un nouveau pacte social, économique et environnemental. Le Président de la République s’y est engagé : tous les sujets peuvent être débattus et les conclusions seront analysées.

Une telle responsabilité appelle des garanties en matière de transparence dans le traitement des contributions. La mission du grand débat a pour cela installé un collège de garants, composé de personnalités reconnues et nommées par le 1erministre, les présidents des deux assemblées, et le CESE. Ce collège est associé à un comité de surveillance composé de toutes les formations politiques représentées au Parlement et un comité de suivi composé de partenaires sociaux et des représentants d’associations d’élus.

Il faut saluer l’engagement de toutes celles et tous ceux qui prennent de leur temps pour venir exprimer leurs interrogations, leur colère parfois, mais aussi des propositions concrètes. Un exemple issu de la réunion qui s’est tenue à Saint-Jean-de-Luz le 2 février dernier : créer un observatoire de la représentativité pour veiller à une meilleure représentation de la population française dans toutes les institutions politiques, économiques et sociales. Autre proposition : réformer le CESE, en nommant des citoyens volontaires tirés au sort et incluant systématiquement des maires représentatifs de la diversité des communes.

Je suis persuadé que nos concitoyens sont porteurs de propositions ingénieuses pour répondre aux défis auxquels notre pays est confronté. La richesse et la vertu de l’intelligence collective peuvent nous permettre de sortir par le haut de cette crise.

Il faut noter qu’au Pays Basque, ces réunions se déroulent en très grande majorité sur le littoral, zone où se concentre la population. Il est dommage que peu de débats se tiennent dans nos territoires ruraux. Pourtant, les questions d’aménagement du territoire, de mobilités ou encore d’organisation des services de l’état les concernent tout particulièrement.

J’observe enfin que nos jeunes sont absents des débats. Il s’agit certes d’une partie du corps électoral traditionnellement peu mobilisée pour le débat politique. Mais on ne peut se résoudre à cette évidence. Cette absence doit nous interpeller et nous conduire plus que jamais à renouveler nos pratiques démocratiques, pour que tous nos concitoyens et particulièrement nos jeunes qui aiment être acteur du changement, puissent être davantage associés à la décision publique.