La défense des langues régionales dans la réforme constitutionnelle

L’Etat est responsable de la lente agonie des langues régionales, fort d’un héritage jacobin qui voyait dans celles-ci son ennemi […] Aujourd’hui, il revient à l’Etat de garantir l’usage et l’apprentissage de ces langues reconnues comme patrimoine culturel de la France par la loi.

Mardi 10 juillet, l’Assemblée nationale a commencé l’examen en hémicycle du projet de loi constitutionnelle. Outre ses amendements sur l’Union Européenne, la défense des collectivités territoriales et de l’environnement, j’ai proposé divers dispositifs afin de contraindre l’Etat à sauvegarder les langues régionales, un patrimoine national.
Ses amendements ont pour objectif d’imposer à l’État d’en assurer les conditions d’apprentissage tant dans l’enseignement public qu’au sein de l’enseignement sous contrat d’association. Des méthodes existent et doivent être accompagnées comme par exemple, l’immersion linguistique des classes maternelles, la formation et le recrutement d’enseignant en nombre suffisant pour accompagner le dynamisme de certaines langues.

Il s’agit, aussi, de favoriser toutes les actions qui permettront d’assurer la pérennité de ce patrimoine français notamment en facilitant leur usage dans la vie sociale. (médias, écriture…)

Le Parlement doit traduire cette volonté par une exigence constitutionnelle, s’il souhaite donner tout son sens à l’article 75-1 de la Constitution, car sans garantie d’apprentissage et d’usage, ces langues risquent un jour de disparaître et, avec elles, un pan entier du patrimoine culturel français.

Je demande également à inscrire dans la Constitution à l’article 59 la ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires afin de tenir un engagement de la France lors de sa signature le 7 mai 1999.

Ajouter votre commentaire